Trek a commencé la commercialisation de vélos de ville sans chaîne, la classique en acier qui déraille et sans cesse à graisser pour un pédalage silencieux. Sur les vélos Trek District et Trek Soho la chaîne est remplacée par une courroie crantée comme on en trouve couramment sur les motos telles que les Harley Davidson.
Le concept de courroie crantée sur un vélo n’est pas nouveau mais jusqu’ alors aucun des grands fabricants mondiaux de cycles ne s’était risqué à proposer cette technologie sur des modèles de grande série.

Et comme Trek ne traite rien à la légère, l’ensemble de la transmission est produite sous le nom de Carbon Drive par Gates Corporation, marque d’excellence dans le domaine des courroies destinées à l’automobile, et à l’industrie. Au moins cette composante des autos au service des vélos. Les courroies sont en polyuréthane et fibres de carbone pour que tout allongement dans le temps soit impossible.

Les pignons crantés avant et arrière, ultralégers, sont traités pour une durée de vie supérieure aux meilleurs pignons d’un système de transmission classique, même dans des conditions de forte abrasion. Une attention particulière a été portée au dessin des dents des pignons pour chasser en temps réel la poussière ou la boue et éviter tout entretien, pour un pédalage ultra-silencieux et efficace et un vélo plus léger sans entretien ni tâches de graisse, avec en prime un transport – dans la voiture par exemple – rendu beaucoup plus facile. Gates annonce une durée de vie de la transmission deux fois supérieure à celle des meilleures chaînes.
Inconvénient des courroies de transmission : elles ne se prêtent pas aux montages avec dérailleurs arrière et triple plateau avant, et sont donc destinées aux vélos urbains avec changement de vitesse dans le moyeu, 8 vitesses, par exemple, dans le cas du Trek Soho dont ci-joint la photo. Trek a laissé entrevoir des évolutions prochaines du système.

Sont disponibles en Europe: le Trek District (photo d’ouverture), un vélo urbain mono-vitesse, ultra simple, avec une fourche avant en carbone; et le Trek Soho. Le premier avec ses jantes aluminium à flans hauts et sa fourche en carbone est une machine à se déplacer ultra basique, d’un superbe design, léger, quasi-increvable (dans tous les sens du terme), bien que voué à des terrains plats sous des climats secs (pas de garde-boue); le deuxième, équipé de 2 freins à disques Shimano correspond plus à notre vision européenne d’un vélo de ville.
D’audacieux vélos qui enlèvent le bas c’est délicieusement séduisant. Un argument supplémentaire qui souscrit à la pertinente fonctionnalité des vélos en ville, car dans l’évolution Darwinienne, inévitablement après l’homo bipède et automobilus, jadis enchaînés dans l’adversité hostile du trafic routier, s’annonce pour le bien tout entier de notre condition, l’homo cyclus, sans chaînes et sans reproches, libre comme le vent. Une dernière pour la route, cet authentique vélo sans chaîne, le premier du genre. Plus fort encore puisque sans autre transmission que celle humaine, en tout et pour tout. La seule qui conserve toute sa puissance cinétique, sans perte aucune. Peut être un bémol, juste, il lui manquerait dans le moyeu avant un embrayage automatique de type cyclomoteur pour adoucir l’effort en vitesse de croisière et un système interne pour le démultiplier au démarrage, car dans la video les utilisateurs sont en pleine lancée, jamais en départ-arrêté. Ceci d’autant plus que si la perte de transmission est nulle car non absorbée par un rouage intermédiaire, c’est la puissance elle-même fournie à la source qui est désavantagée par l’angle corps-jambes qui n’est pas optimal pour un rendement maximal. Monocycle= 90°, Vélo classique= 75°, Vélo sans chaînes à transmission avant directe= 55°.

Bien entendu, la liste des marques de par le monde qui promeuvent des modèles sans chaîne est immense, aussi n’ai-je volontairement pas abordé l’aspect car il faudrait y consacrer une encyclopédie entière et vous ne m’en tiendrez pas rigueur. Dans le désordre je peux citer le Stringbike, qui a remplacé la chaîne par un jeu de poulies et de câbles, très propre, offrant un bon rendement au pédalage mais cher.

Un certain autre spécimen est inspiré des systèmes monowheel sans l’être, car encore mû par une courroie crantée comme intermédiaire dans le couple pédalier-roue, le Lunartic Hubless Wheel Prototype. La roue motrice est l’arrière, ce qui est plus heureux quand on sait que l’arrière du vélo c’est 70% du poids. Mieux valait donc y concentrer l’effort pour minimiser les fuites cinétiques. Toutefois, il ne semble pas posséder de changements de vitesses. C’est un pur urbain basique, de promenade, léger, fun et maniable.

Ma préférée des solutions est à transmission à cardans de type Yamaha PAS er qui connaît une version évoluée, à assistance électrique.

Mais dans cet échantillon de ce qui se fait en la matière, j’ai gardé le plus surprenant pour la fin, c’est aussi le plus simple des vélos sans chaîne, comme son nom l’indique: The Bicymple. Déroutant avec son essieu arrière pivotant façon monocycle et son empattement serré entre ses deux roues qui permet des virages courts. Modèle en prise directe au moyeu arrière. Cette fois encore on est dans le registre de l’entraînement direct en propulsion arrière: ni chaîne ni plateau non plus ni changements de vitesse, mais au il est ainsi fait que la roue libre est prévue, comme vous le constatez. Voyez plutôt cette perle en images. Allez, comme on se quitte et parce que c’est vous, 2 videos pour le même prix, c’est happy hour open bar.

Et n’oubliez pas, en vélo, parfois pour bien avancer il faut prendre du recul. Bonne soirée à tous. Eryc