Peut-être un fond musical d’ambiance pour accompagner votre lecture, c’est offert par moi. Cadeau.

C’est l’été, les programmes minceurs sont de sortie et avec eux, la sacro-sainte règle selon laquelle il faut boire beaucoup d’eau (au moins 1,5 litre par jour). Seulement voilà, ce précepte est de plus en plus battu en brèche par les scientifiques. S’abreuver d’eau minérale toute la journée n’aurait pas les vertus escomptées … bien au contraire, mais seules les désinformations et autres farces du corps médical ont la vie longue. Du moins pour les crédules.

Dans le British Medical Journal, le docteur Margaret McCartney attire l’attention sur le fait que boire 1,2 litre d’eau par jour (ou 8 verres) comme le recommandent les autorités sanitaires britanniques, n’a pas de sens.

Une maladie nommée «hyponatrémie»:

Non seulement cela ne permet pas de maigrir, de prévenir les problèmes rénaux ou d’améliorer la concentration, mais cela peut provoquer l’inverse. Boire trop d’eau ne coupe pas l’appétit et peut entraîner des dommages aux reins et altérer la concentration, a rapporté le Daily Mail.

En outre, le fait d’aller aux toilettes la nuit perturbe le sommeil et «les produits chimiques utilisés pour la désinfection de l’eau en bouteille peuvent être mauvais pour la santé», souligne le docteur McCartney.

Selon elle, l’abus d’eau peut même conduire à une affection rare mais potentiellement mortelle appelée «hyponatrémie», qui provoque une diminution de sel dans l’organisme, pouvant conduire à  diminuer les niveaux et peut entraîner une hypertension intra-crânienne.

Incontinence urinaire:

Et comme l’avait expliqué le docteur Brigitte Mauroy, urologue coordonnatrice du réseau Périnice, une surconsommation d’eau peut provoquer aussi une incontinence urinaire, surtout chez la femme.

La spécialiste conseillait de boire 1,5 litre par jour, tous apports hydriques confondus (eau, café, thé, alcool, etc …) et d’aller aux toilettes toutes les 2 heures. Nul urgence donc à traîner sa bouteille d’eau cet été.

Trop d’eau tue, c’est aussi simple que cela:

C’est une mort étrange. Les cas sont rares mais suffisamment frappants pour qu’on s’en souvienne.

L’armée américaine a été affectée récemment par l’un de ces décès pour le moins inhabituels. L’une de ses jeunes recrues est morte d’avoir consommé une trop grande quantité… d’eau. Déjà, en septembre 1999 et en mars 2001, deux soldats étaient morts d’avoir bu trop d’eau. Chaque fois, les jeunes hommes – 19 ans de moyenne d’âge – avaient été exposés à de fortes chaleurs. Et chaque fois, ils avaient bu, sans s’arrêter. L’un d’entre eux, un « marine », n’avait cessé de boire avant et pendant une randonnée d’une durée de 8 heures. Après plusieurs analyses, les médecins ont conclu à un phénomène d’hyper-hydratation qui se caractérise par des concentrations sanguines très basses en sodium (dilution excessive du sel jusqu’à sa disparition totale du système vasculaire).

En janvier 2000, aux Etats-Unis toujours, une femme de 20 ans est morte de trop boire. Elle avait avalé près de 12 litres d’eau en quatre heures, avant de confier à un laboratoire un spécimen d’urine pour un test anti-drogue. Elle cherchait ainsi à masquer sa consommation, une technique utilisée par certains athlètes ayant usé de produits dopants. Les circonstances se sont révélées tragiques : elle a perdu conscience et est morte peu de temps après.

« Nous avons affaire ici à des cas isolés, explique Richard Niddam, médecin à Paris. On ne meurt pas en buvant de grosses quantités d’eau. » (Quoique …). Les risques de succomber à un excès d’eau paraissent rares. « Ces personnes présentent un exceptionnel cas d’hyperhydratation ayant conduit au décès par œdèmes cérébral et pulmonaire », ajoute-t-il.

Mais la surconsommation d’eau peut aussi être une maladie: la potomanie psychogène. Il s’agit d’un trouble du comportement qui provoque un besoin impérieux de boire. Elle intervient souvent après un choc affectif, un traumatisme. Toutefois, l’organisme des malades se charge, en général, d’évacuer le trop-plein de liquide consommé. Certains patients boivent également des quantités invraisemblables d’eau pour laver leur corps de tout péché, de toute impureté. Les jeûnes tels que le Ramadan sont en cela dangereux que, faute de manger, les fidèles compensent par un excès d’hydratation. Pour éviter tout incident, l’armée américaine a publié un texte d’avertissement destiné à ses jeunes recrues: la consommation d’eau doit être limitée à 1 litre, 1 litre et demi par heure, à raison de 12 litres par journée de 24 heures au maximum.

Personnellement, je serais (Eryc) plus réservé sur l’affirmation du médecin selon qui on ne meurt que rarement de surconsommation d’eau, puisque j’ai connaissance que des services secrets utilisent le gavage outrancier d’eau à leur victime pour les tuer par une dilution disproportionnée de leurs micro-nutriments du sang qui conduit à la mort. C’est l’overdose d’eau. Mais dans ce cas il s’agit d’eau distillée qui draine et lave le corps de tous ses composants minéraux qui y étaient présents et lui étaient bénéfiques. La victime urine en excès, proportionnellement, se vidant de toute son énergie ionique et électrolytique jusqu’à se dévitaliser et mourir. 

La technique de l’homicide par saturation d’eau est pratiquée par les tueurs de haut niveau. En médecine légale c’est le crime parfait, il ne laisse aucune trace de l’arme. Dans les rares autopsies, on atteste à la sur-hydratation parce que votre victime que vous avez tuée (voisin, maîtresse, mari, amant, etc …) révèle à l’examen un éclatement de certaines cellules par une disproportion de l’hydratation.

De même, par delà l’aspect de l’hydratation en surdose létale, je vous invite à dépassionner ce trivial fétichisme pour l’eau. Soyez serein et prudent à l’égard de l’eau, gardez la tête froide, ne cédez jamais au culte aveugle de l’eau sans mesure. La pondération dans ces circonstances est mère de sûreté. Je vous le dis pour votre bien, l’ardeur de l’hydradation abusive qui à l’extrême est fatale, pourrait vous coûter la vie. Le corps a ses raisons que la raison ne connaît pas. De mon oncle chimiste je tiens des constats qu’ignore le commun des mortels.

L’un d’eux que je citerais en premier est qu’une personne qui n’a jamais bu de lait de toute sa vie, pas une moindre goutte dans sa prime enfance, si au jour de ses 30 ans il boit un verre de lait, il tombe par terre mort d’un coup. Ceci est pour vous montrer que la physiologie humaine est loin d’être aussi simple que vous pourriez naïvement le penser. Il y a une explication à la mort brutale par administration de lait sur un sujet dont l’organisme en est vierge de toute molécule. Elle est connue des seuls médecins et je vous laisse la trouver.

Avant de narrer l'autre constat.

Avant de narrer l’autre constat, j’ouvre un interlude scientifique après évocation de l’aspect physiologique, en vous partageant plus en profondeur ces notions de physiologie comportementale par l’explication des 2 types de soif que l’humain ressent. 

A l’instar du lait ou de la bière, boire & manger sont 2 conduites indistinctes qui se mêlent. Elles visent à maintenir ou restaurer l’intégrité de la masse corporelle. La boisson se charge des 70 % d’eau qu’elle contient et son besoin en eau s’exprime dans une motivation spécifique, la soif, comme le besoin en matériaux énergétiques s’exprime dans la faim.

Manger sans boire est pour des raisons mécaniques peu agréable. Un rat dont l’hypothalamus latéral est détruit récupère avec le temps un comportement alimentaire. Il boit en mangeant mais a perdu la capacité de boire spontanément. Pour ce rongeur hypothalamique, boire n’est plus une motivation autonome, mais la conséquence mécanique de l’acte manducatoire.  Au contraire, boire en mangeant est une pratique naturelle chez l’homme & l’animal. Quand à un animal affamé on donne une ration insuffisante de nourriture, à intervalles de 2 minutes, entre chaque il développe un comportement de boisson qui s’amplifie entre les rations parce que la stimulation boisson intervient à l’arrêt des repas comme une réponse à la frustration d’un plaisir interrompu prématurément. Ce que les éthologistes nomment une activité de déplacement ou ce que Falk a décrit comme un comportement induit surajouté.  Le comportement inadapté et sans lien avec la situation présente où l’animal a faim et non soif, est l’expression de l’état aversif produit à l’interruption brusque d’une situation gratifiante. Boire est le plus commun de ces comportements dits surajoutés. Dans certaines expériences on peut aboutir chez l’animal à une polydipsie psychogène consécutive du stress, qui désigne chez l’humain l’inclination à boire sans soif.  

On peut boire par faim et manger par soif. Les boissons manufacturées par l’homme comme la bière et le vin qui sont autant aliment que boisson, augmentent la confusion des genres. Comme le goût & l’odorat sont entremêlés, la palatabilité d’une boisson dépend de ses qualités et de sa signification au moment de sa présentation à soi. La bouche joue pour les fluides les mêmes rôles de comptable et de proviseur que pour les matériaux énergétiques, anticipant à la fois des besoins futurs et leur satisfaction. Pour la soif comme pour la faim, le temps organise l’espace motivationnel, de plaisirs en aversions et d’apprentissages en conditionnements. Espace caractéristique que désignent les signaux internes bien particuliers du besoin en eau. Aux 2 compartiments liquidiens de l’organisme correspondent 2 soifs, une intracellulaire & une extracellulaire, 2 versions différentes d’un même état interne et d’un commun désir d’eau.    

Sur ces 2 soifs: notre organisme perd l’eau par les reins, la sueur et les poumons, et elle nous provient des aliments et des boissons qui la compensent. L’hormone vasopressine ou hormone anti-diurétique régule les sorties d’eau en fermant plus ou moins nos débits urinaires. A la boisson de moduler les entrées d’eau, la régulation de l’un affectant celle de l’autre. La soif, état affectif du besoin de boire, n’est pas dû à la sensation de bouche sèche mais résulte de facteurs multiples qui intègrent entrées & sorties. L’eau est inégalement répartie dans et hors des cellules. Les 2 zones liquidiennes intra & extra-cellulaires sont séparées par la membrane cellulaire et quand la pression osmotique extra-cellulaire s’élève par exemple suite à perte d’eau ou présence de solutés (repas salés) dans les humeurs, l’eau interne des cellules traverse leur membrane pour maintenir la balance en pression (donc en teneur d’eau) entre les 2 zones. Il en résulte une déshydratation intra-cellulaire caractérisée par une élévation de l’osmolalité qui se signale à nous par une sensation de soif. C’est la soif intra-cellulaire.

Quand le milieu extra-cellulaire diminue de volume à la suite par exemple d’une hémorragie, la pression osmotique (proportion relative d’eau et de substances dissoutes) ne varie pas, en raison de ce transfert dans cette relation de vases communicants. S’ensuit là également une sensation de soif apparentée à la première. C’est la soif extra-cellulaire. 

Les bouleversements des milieux intérieurs et les régulations mises en jeu sont pourtant totalement différents dans l’un et l’autre cas. La soif ne se réduit pas aux seules données sensorielles mais se rapporte à l’ensemble du milieu intérieur à notre organisme.

La soif intra-cellulaire: l’élévation de la pression osmotique du plasma, suite à une privation d’eau ou une prise de repas salé, se concrétise en un comportement de boisson et en une sécrétion d’hormone anti-diurétique (vasopressine) qui retient l’eau au niveau du rein. L’anticipation, notamment, stoppe la soif dès que l’eau a pénétré dans le tube digestif avant même que ne soit corrigée la déshydratation cellulaire. Un verre d’eau bloque les sécrétions de vasopressine anticipant des corrections à venir en volume hydrique des cellules. Le fédérateur à cet assortiment savamment dosé entre réponse comportementale et endocrinienne est le cerveau dont les capteurs (osmo-récepteurs) arborescents se prolongent dans la bouche, le tube digestif, l’estomac, l’intestin et la veine porte.

La soif extra-cellulaire: une hémorragie même interne et indécelable, provoque une soif intense qui traduit l’hypovolémie = diminution du volume liquidien extra-cellulaire sans modification de l’osmolalité. C’est l’angiotensine II excrétée dans le sang consécutivement à l’hémorragie qui est directement responsable de la soif. L’hypovolémie fait secréter par le rein la rénine, laquelle enzyme transforme une protéine d’origine hépatique, l’angiotensinogène, en angiotensine I à son tour transformée en angiotensine II par l’enzyme de conversion de l’angiotensine. Cette hormone fait se contracter les vaisseaux sanguins adaptant le lit vasculaire au volume réduit du sang et restaurant ainsi la pression artérielle.

Elle stimule également la production d’une hormone par la glande cortico-surrénale, l’aldostérone, qui créé une rétention d’eau et de sel au niveau rénal et contribue au rétablissement de la masse sanguine. Mais l’angiotensine impulse un influx au cerveau et déclenche la boisson et la soif en stimulant des récepteurs de l’organe subfornical. En réponse, le cerveau engendre sa propre angiotensine qui appliquée dans l’aire pré-optique, produit un comportement de boisson, une hypertension artérielle et la sécrétion de vasopressine. Cette dernière ajoute son action à celle de l’angiotensine sanguine pour restaurer la pression artérielle. Ainsi la soif n’est qu’un des éléments multiples et redondants qui agitent l’état interne de l’individu en créant une tension. Le cerveau déclenche la soif après avoir résumé et reproduit l’expérience du corps où comportements, sécrétions hormonales et mécanismes viscéraux s’y trouvent intimement mêlés.

L'autre de ces constats.

L’autre de ces constats, celui-là fléchissant vers la preuve irréfutable de la nécessité vitale de varier ses boissons dans sa vie comme on varie ses mets en tant qu’omnivores, est que, aussi surpris allez-vous l’être, médicalement un individu qui toute sa vie n’aura bu uniquement que du vin ne meurt pas; il abîmera son foie et vieillira plus vite mais il n’en meurt pas.

On dit que l’eau est indispensable à la vie, mais c’est ne pas savoir que dans la course à la vie entre l’eau et le vin dit « l’hypostase du sang », la perdante est l’eau. S’il est vrai que médicalement un individu qui toute sa vie n’aura bu uniquement que du vin ne meurt pas, un individu qui toute sa vie n’aura bu que de l’eau, avant sa trentième année il meurt.

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En espérant que ce billet à présent terminé vous ait ravis toutes et tous, avec sa musique d’accompagnement en introduction. De même, pour le clore, je vous laisse aussi en musique avec ce générique de fin. Et pour ma part je vous dis « à bientôt« , avant de nous retrouver ensemble autour d’un prochain article. Je vous laisse en compagnie de Dead Can Dance avec « How Fortunate The Man With None » = « Que L’homme Seul Est Chanceux/Heureux », en hommage aux enseignements tirés de la destinée du Roi Salomon, de Jules César trahi par son fils Marcus Brutus (Tu quoque fili mi), de Jésus Christ trahi par son ami Judas et de Socrate empoisonné par ses magistrats. Peut aussi se traduire par « Heureux est celui (ou « l’homme ») sans personne (ou « qui est seul ») comme initié dans « With None », avec « None » en tant qu’il est la contraction de No One, c’est à dire « Nobody », donc « Personne ». Etant Latiniste, j’ai choisi « Chanceux » dans le sens de « Fortuné« , c’est à dire touché par la grâce de Fortuna, la déesse qui allait de village en village redistribuer les sorts en faisant tourner sa roue: rendre pauvre le riche et riche le pauvre, changer ce qu’en Latin on appelle « augurium« , le « présage », la prédiction de l’avenir, qui a donné « l’augure » puis « l’Oracle ». « Augurium » construit sur « Auguror » (augurer) / « Oraculum » construit sur « Oris » (bouche) et « Oro » (parler). « Auguria rerum futurarum » (Cicéron). De là, « augurium » a donné au XII° siècle le mot « heur » qui s’est décliné en « mauvais sort » => « malheur » et en « bon sort » => « bonheur« . Autrement dit, qui n’a pas ou qui a de la chance. Voici la raison pour laquelle Fortuna est la déesse de la chance, que le mot « fortuné » signifie « chanceux » et que j’ai traduit « Fortunate » dans le texte Anglais par « Chanceux » ou « Heureux« . Musique, toujours pour les profanes, qui ultérieurement a été choisie pour devenir la bande-son du jeu Tomb Raider. Bonne soirée à vous.